ROADTRIP DANS LES BALKANS

Revenu de mon Erasmus en Macédoine, je me replonge dans mes plus profonds et marquants souvenirs pour vous faire découvrir tout ou partie de mes voyages. Entre souvenirs et découvertes, voici une photographie des mes souvenirs et de la construction de ma carte et de mes voyages…

Au cours d’une semaine intense fin Octobre 2018, j’ai découvert dans ces pays que la guerre yougoslave n’est pas si loin que cela. Et les beaux paysages non plus

Qui se ressemble s’assemble

Albanie, Monténégro, Bosnie, Serbie du 22/10/2018 au 28/10/2018

Lundi après-midi, frontière Macédo-Albanaise. Nous quittons notre pays d’accueil pour pour une semaine d’estacade balkanique. Comme à chaque voyage la première étape du dépaysement se situe au franchissement de la frontière. Comme si l’on changeait de décor en tout point. Culturel, géographique, linguistique, religieux, et j’en passe. A l’aune d’une semaine riche et passionnante où nous attendent plusieurs pays des Balkans, les questions se multiplient. Et à l’heure du bilan les questions du départ seront-elles effacées : Où mettons-nous les pieds ? Ces pays sont-ils différents ? Qu’allons-nous y découvrir ?

Avant le départ pour cette semaine, comme avant mon départ pour la Macédoine, il nous vient rapidement à l’esprit une idée sombre, vague des Balkans. Cette idée-là vient de ce que l’on apprend, de ce que l’on entend. Mais pas de ce que l’on voit. En mémoire, ces histoires de guerres, de divisions. Loin de nous l’idée que ces pays se rapprochent en bien des points. Au milieu de montagnes et de vallées des éléments viennent répondre à nos questions du départ. Si la guerre a mis en avant de nombreuses différences, ce voyage vient prouver qu’ils se ressemblent tout de même beaucoup.  Retour sur une semaine mémorable entre différences et similitudes…

De Tirana au Monténégro, prémices de Balkans qui séduisent…

La frontière franchie, nous continuons donc la route vers notre première ville étape. Le premier soir à Tirana, capitale albanaise, nous retrouvons les caractéristiques propres d’une capitale balkanique : trafic, bruit, vie nocturne, bâtiments officiels, traces d’une mondialisation apparente et enfin des édifices communistes. A cela s’ajoute une identité propre. Le charme musical des mosquées qui chantent, alors que la langue et la monnaie changent. Le chemin fut long au milieu des montagnes, entre la frontière et Elbasan, deuxième ville du pays, sur le chemin de Tirana. Nous voilà donc dans la capitale albanaise pour plusieurs heures, le temps d’y découvrir une ville qui fait naitre des souvenirs mitigés de nos pays développés. Le centre et sa place principale rendent à la ville un cœur et un atout charme sympathique, vivement coloré. A la tombée de la nuit, restaurants et bars viennent dynamiser une ville qui s’inscrit comme le moteur d’un pays en voie de développement. A l’instar de la Macédoine, Tirana est le moteur du pays et contraste avec la pauvreté et les manques aperçu sur la route. Qu’importe, le temps d’une soirée le charme a joué, comme dans le pays que nous venons de laisser. Il est alors déjà de temps de migrer au nord, direction le Monténégro, jeune pays nouvellement dépendant, dont nous rejoindrons la frontière après plusieurs heures. Les joies du bus dans les Balkans et, les plaisirs de la douane, également. 

Tirana, le 22 Octobre 2018, Erasmus life.

{Retrouvez mon article sur l’Albanie que nous avons découvert encore plus}

Monténégro : Kotor vaut de l’or ! 

Le passage de la frontière entre Albanie et Monténégro nous rappelle que les méthodes appliquées aux frontières et leur rigidité ne varient pas entre les pays, et que l’histoire a laissé des traces plutôt sur les mentalités que sur les paysages. Et fort heureusement.

Notre première arrêt nous mène en capitale monténégrine, Podgorica, capitale quelconque comme il en existe peu. Si sa cathédrale est l’élément historique et religieux le plus impression, sa rivière, sa tour, où ses bâtiments ne viennent pas émerveiller nos souvenirs. Un gain de temps qui nous sera profitable par la suite. On gardera donc de Podgorica le souvenir d’une capitale marquée par une cathédrale orthodoxe grandiose et colorée.

Après quelques heures de route, la descente des montagnes le long de la côte monténégrine nous permet d’observer la mer Adriatique d’un spot éblouissant, à l’heure où le soleil file vers l’Ouest et se reflète parfaitement sur les eaux. Il nous reste alors plusieurs dizaines de minutes avant d’arriver à Kotor, connu pour ses bouches. Déjà la route nous met au parfum d’un paysage particulier, spectaculaire, et d’une beauté rarement vue.

C’est en plein après-midi que nous posons bagages à Kotor, non loin de Dubrovnik et de la Croatie, tout au nord du Monténégro. Il est alors l’heure parfaite pour se lancer à la découverte des hauteurs de Kotor et de son château en ruine. Après une demi-heure d’effort viendra le réconfort qui ponctuera notre journée d’une joie extrême. C’est l’heure pour le soleil de se coucher et venir tomber derrière les montagnes qui forment le contour des bouches. 

Il n’existe pas de magnifiques souvenirs de voyage sans anecdote particulièrement insolite. Alors que nous nous installons pour observer le drapeau monténégrin flottant au-dessus des bouches, le soleil couchant au-dessus des montagnes, ou le centre historique de Kotor à nos pieds, vint un chat, sorti de nulle part ou de ces méandres qui éblouissent notre vue. Perché à plusieurs dizaines de mettre au-dessus du niveau de la mer, dans un espace laissé pour ruine et sans aucune activité, il viendra nous tenir compagnie pour un moment que nous ne saurons oublier…

Plus loin dans les bouches de Kotor que nous avons observé une bonne partie de la soirée, nous nous rendons le lendemain matin à Perast, qui ne fait que confirmer les impressions de la veille. D’autant plus que la fin du mois d’Octobre ici nous gratifie d’un temps parfait pour nos activités. Perast, c’est ce petit village charmant dont le port aussi simple que mignon interpelle autant que cette petite île que l’on apperçoit. Perast, c’est ce décor parfait au milieu des montagnes et le long des bouches qui nous laisse croire que nous sommes sur un lac, où l’eau est transparente, et le soleil présent. Son clocher et ses batiments charmants nous ravissent au cours de cette visite matinale. A n’en pas douter un village à visiter si l’on se rend à Kotor. 

Kotor dont nous prenons le temps de visiter le centre ville historique dans l’après midi, entre étroites rues pavées et places aussi ombragées que charmantes. Ses bâtiments encerclés par des remparts donnent un style particulier à cet endroit de la ville, dont les ruelles habitées constituent un havre de paix particulier et bucolique. 

Si le séjour au Monténégro n’a pas débuté de la meilleure des manières, il se conclut ce soir-là par les regrets du départ, après avoir tant appréciés les moments passés ici et là entre deux ruelles, ou à observer le ciel. Ce n’est qu’un au revoir…  

Mon coup de coeur de la semaine à retrouver ici : Kotor, bouche bée

La Bosnie : Plus qu’une surprise

C’est en effet, un au revoir douloureux que la suite viendra atténuer. Nous attend après cela une remontée « fantastique » vers le nord, et en premier lieu la Bosnie que nous découvrons par la mythique ville de Mostar après une nuit de voyage. Connue pour son fameux pont que l’on vient visiter depuis partout, le tourisme étant ici comme ailleurs international.

Si la ville est riche en culture, avec, comme dans chaque ville aux influences ottomanes, un bazar, on retrouve également une mosquée qui précède le fameux pont que tout le monde recherche. Si l’aube rend encore plus naturel le décor qui s’offre à nous, c’est un ensemble d’éléments qui rend cet endroit particulier. Le pont sous un soleil éclatant retrouve le romantisme de ses origines. En effet, sa blancheur et son style simple, avec les bâtiments qui l’entourent nous rappellent l’influence qu’a pu avoir l’empire romain dans cette région. Sous tous ses points de vue le pont ne perd pas de son mythe, l’endroit étant connu pour sa beauté ainsi que ses jeunes et spectaculaires sauteurs (à rémunérer pour profiter du spectacle, style balkanique oblige). Qu’importe, il suffit de peu de temps pour en prendre pleins les yeux et savourer, déjà, la Bosnie et tous ces bons côtés. 

Quelques heures de trajet plus tard, après avoir supporté un petit enfant rom sur mes jambes ayant pris ses aises pendant le trajet (au point de baver sur mon manteau), nous voilà arrivés dans la capitale bosnienne (et non pas bosniaque, à connotation religieuse), Sarajevo. Le temps de prendre ses marques dans la ville et nous voilà repartis pour une petite balade dans notre nouvelle ville d’accueil, si chaleureuse (même étouffante car polluée), déjà. 

La traversée du bazar, d’abord, l’un des plus beaux que j’ai vu voir de ma vie (je n’ai pas pour le moment passer la frontière européenne s’agissant des influences ottomanes). Au programme café bosnien, dégustation de traditionnel kebab locaux, prononcer « chebapi » (plat bosnien, délicieux) conseillé par notre professeur de culture macédonienne, c’est dire. Puis encore une fois, ce sont ces souvenirs, anecdotes qui donnent du relief à un voyage marquant. Écouter un morceau d’Amy Winehouse un soir d’octobre dans un bar en Bosnie chantée par un groupe de musique entouré d’espagnols et de japonais. Si tout peut apparaitre incroyable, je dois surtout avouer que le moment s’est transformé en un des moments marquant de mon aventure, poussant à l’extrême le dépaysement et l’ouverture, pour un moment de musique fort agréable et plaisant. Mais après plusieurs jours chargés vient le temps du repos après une intense et épuisante journée, après une nuit en transport.  

Le lendemain nous permet d’ajouter du mythe et des souvenirs à cette ville qui finit de me séduire. Une visite guidée (aka « free-tour ») nous fait découvrir les places fortes d’une ville importante. Sa construction géographique et architecturale témoigne de l’histoire d’une ville partagée entre empire austro hongrois et empire ottoman qui a connu des guerres majeures de manière inévitable et l’on retrouve notamment à Sarajevo ce que l’on considère comme l’élément déclencheur de la Première guerre mondiale : l’assassinat de François Ferdinand à quelques pas du pont à découvrir ci-dessous. Bref la ville regorge de surprise pour une capitale que l’on imagine encore rongée par des tensions régionnales. J’y aurai découvert que si les problèmes demeurent ils sont le fruit d’une construction extérieure, imagée et historique, plus que véritable. Avant de mettre les voiles pour le dernier pays de la semaine, ce vendredi soir nous conduit sur les hauteurs de Sarajevo, la ville étant, à l’instar de Rome, entourée de nombreuses collines, pour y admirer un coucher de soleil qui restera dans ma mémoire puisque le spot est parfait. Ca grimpe, un peu, certes moins à Kotor, mais qu’importe. Le temps d’apprécier la beauté d’un coucher de soleil à la hauteur d’une ville qui m’aura marqué, car je n’en attendais finalement rien, de bien, en tout cas. Un dernier verre avant l’au revoir et l’aube qui nous conduira en Serbie. Je quitte ce pays avec l’envie d’y revenir, et d’apprendre encore plus sur une région importante de l’Europe, qui aurait pu devenir un grand pays de l’UE sans toutes ces divisions, malheureusement, …

La Bosnie à retrouver ici.

Belgrade : une Capitale, un point final

C’est donc à Belgrade que nous décidions de terminer ce road trip dans les Balkans. Si cela n’était pas prévu, il a s’agi d’une opportunité parfaite pour conclure cette semaine. La route entre les deux capitales se fait vite avant l’approche de Belgrade et de ses bouchons, ses travaux et sa reconstruction. Car la ville fut communiste dans les grandes largeurs puisqu’elle fut la capitale de la Yougoslavie du temps de Tito, ce qui lui donne un intérêt culturel supplémentaire tant dans ses bâtiments et leurs anecdotes, que les histoires que nous comptera un guide serbe, le lendemain. La ville nous marquera surtout par ses bâtiments religieux et politiques importants si l’on compare aux autres capitales balkaniques (Athènes excepté). Après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres entre Albanie, Monténégro, Bosnie et Serbie, c’est un beau symbole que de finir par la capitale de l’ex-Yougoslavie à un moment où l’on se rend compte que finalement les frontières les séparent quand de nombreux points communs les rapprochent. Leurs verdures et montagnes font des campagnes un endroit naturel que l’on aimerait encore plus découvrir dans chaque pays. Quant aux villes, aussi différentes soient-elles du fait d’une identité qu’elles ne peuvent bafouer, et qu’elles ont continué de mettre en avant et à revendiquer, elles sont tout de même semblables.

A l’heure d’écrire sur cette belle semaine de voyage, me vient un dernier souvenir de Belgrade : ce sont les impacts de balles sur certains bâtiments près de la cathédrale, issues de la guerre, rappelant 25 ans plus tard, la violence de la guerre. Alors, pays des Balkans, anciens frères ennemis, nouveaux frères jumeaux ?

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