SÉVILLE : LA BELLE ANDALOUSE

Loin de la présence française habituelle de Lisbonne ou Barcelone, la capitale andalouse plait grâce à son identité profonde, sa richesse historique, son architecture particulière et son rythme de vie. A coup sûr une ville où je retournerai. Explications.

Du 22 au 24 Février 2020

Le décor était mal planté. Après avoir vécu un intense Erasmus accompagné de 4 espagnols, la visite de Séville s’annonçait viciée par les clichés dont on m’avait fait part en Macédoine. J’en avais appris beaucoup et vite sur la région que je m’apprêtais à visiter jusqu’à comprendre qu’en Espagne comme en France, le Nord et le Sud font l’objet d’importantes critiques venant surtout de la capitale. Ainsi nordistes et sudistes ne sont pas dépeints de la meilleure des manières. Force est de constater que depuis mon passage, mon avis diffère de celui qui m’avait été quelque peu imposé. A mes yeux Séville retrace l’Espagne et son histoire. De l’héritage historique à la modernité en passant par la religion et la royauté, découvrons la ville sous toutes ses influences.

La religion vectrice de richesses

Capitale de l’Andalousie, la ville de Séville est forcément marquée par l’influence musulmane du Moyen-Age. Et c’est peu dire que cette trace est aujourd’hui l’une des forces de la ville. Assurément l’un des bâtiments les plus connu de la région, la Cathédrale Notre-Dame du Siège de Séville brille au coeur de la ville. Juxtaposée à l’ancien minaret, la dénommée Giralda, la Cathédrale représente, au coeur de la ville, l’importance qu’ont eu les religions dans l’Histoire. La grandeur des bâtiments est, sans aucun jeu de mots, à la hauteur de la troisième ville d’Espagne. Le décor est ainsi planté. De la Giralda vous pourrez observer la ville sous 360° et même les hauteurs de la cathédrale, laquelle resplendit aussi bien en son intérieur que de l’extérieur. Les orangers qui garnissent la cour attenant à la cathédrale, apportent de la verdure, du naturel et de la vie à l’endroit. Léger point noir de la visite : le monde et l’attente. Il est alors préférable de réserver en avance et d’éviter l’interminable queue qu’ont dû subir les touristes. Vous y gagnerez assurément plusieurs longues minutes de balade dans la ville évitant ainsi de patienter en plein soleil (que je vous souhaite le moins lourd possible). Plusieurs autres églises et bâtiments religieux sont à retrouver non loin de là, notamment à proximité de la mairie. Pour le grand bonheur des touristes, passionnés d’histoire ou d’architecture, il y a en effet beaucoup à voir en Andalousie et notamment à Séville.

De l’héritage à la modernité

Entre le Moyen-Age et notre époque il n’y a pas qu’un pas et pourtant la ville de Séville réussit le pari. De la Place d’Espagne au « Parasol » : passage par deux lieux qui contrastent en bien des points mais qui proposent à leur manière une image de la ville.
Commençons par le place d’Espagne, au Sud de la ville, certainement l’un de mes endroits préférés, l’un des plus marquant, assurément. Traversée par un canal, la place, encerclée sur 180° par un magnifique édifice, devenu bâtiment administratif, est un endroit magique et tranquille à la fois. Dans une zone piétonne et à deux pas des jardins de la ville, le lieu est trop grand pour être bondé de touristes et trop petit pour s’y sentir seul à la fois. On y passe un moment des plus agréables. Entre la fontaine qui gît au centre, les canaux qui la traversent, les bâtiments qui l’entourent, la tranquillité qui en émane, la Place d’Espagne est certainement un des plus beaux lieux que la capitale andalouse ait à nous offrir. La propreté des lieux et ce côté presque intemporel de l’endroit, entre chevaux, bruit de l’eau la verdure, finissent de caractériser ce lieu plein de charme.
Contrastant avec la classicisme de sa place principale, Séville offre aussi des escapades architecturales. L’art contemporain assure à la ville un modernisme certain avec le fameux « Metropol Parasol » achevé voilà 10 ans. La construction, aussi intrigante qu’immense, nous permet de grimper à près de 100m de haut pour admirer, du coeur de la ville, ses alentours et la campagne andalouse. Pas grand intérêt à en visiter les sous-sol à mes yeux, mais culminer à cette hauteur est un superbe moyen de découvrir la ville et ses toits. En somme, la conclusion d’un paradoxe entre histoire et modernité.

L’Alcazar et ses jardins : visite royale

Cet air de campagne qui souffle en haut du Parasol, on le retrouve aussi dans l’Alcazar, résidence royale, qui nous accueille le temps d’une longue visite. Elle l’est par son architecture et par son cadre. De par ses sublimes jardins que l’on ne peut imaginer en plein coeur de la 3ème ville d’Espagne ou ses décorations et bâtiments luxueux et si bien conservés, la visite des lieux est un moment de rencontre entre toutes les influences de la ville aussi bien quant à son architecture, que ses jardins, son histoire ou ses couleurs. Pas franchement convaincu de pouvoir trouver les mots justes pour décrire une telle visite, encore moins capable de pouvoir la résumer en quelques photos, je suis persuadé que l’on ne peut se faire son propre avis qu’en visitant les lieux. Qui pourrait prétendre retranscrire exactement, toute proportion gardée, l’impression que dégage le Château de Versailles, le Mont Saint Michel, ou tout autre bâtiment de cet envergure. La grandeur et le style de ses jardins sont à la hauteur des plus beaux lieux aménagés par l’Homme en Europe. La tranquillité qui s’y dégage donne envie d’y prélasser tout un été (et me donne envie de visiter le Jardin Majorelle de Marrakech qui semble s’en rapprocher). La grandeur, le luxe et l’entretien d’un tel bâtiment en font un havre de paix inspirant. Un résidence royale est forcément un lieu d’exception mais il est vrai que celui-ci a quelque chose de spécial. Il ramène l’Espagne à sa monarchie, son histoire, sa gouvernance, son pouvoir. Une Espagne retrouvée depuis quelques décennies et qui renoue avec ses traditions monarchiques. Je vous laisse ainsi admirer, du plus possible, la beauté du lieu, bien que mes photos ne soient absolument pas à la hauteur d’un tel bâtiment. Seul hic en l’espèce, les bâtiments ne sont pas meublés (contrairement à Versailles par exemple) ce qui rend la visite de l’intérieur utile seulement dans son approche historique et architecturale, ce qui est déjà largement suffisant.

La Maestranza : l’Espagne de traditions

Restons pour finir dans l’Espagne de traditions. Contestées comme (presque) partout, les arènes de Séville et la tauromachie font, comme nous le rappelle la visite des lieux, battre le coeur des sévillans à chaque printemps depuis de nombreuses années. La pratique est ici une passion transmissible et transmise automatiquement au sein des familles andalouses. A la grande fierté des locaux les bêtes sont élevées dans la région et il arrive qu’elles survivent aux spectacles. Il ne s’agira pas ici de porter un jugement sur la pratique mais je dois avouer que la visite fut intéressante pour en apprendre plus sur ce rapport à la tauromachie en Espagne et l’importance de ces arènes. Ces dernières sont d’ailleurs, par une journée ensoleillée comme celle qui nous était offerte, un superbe lieu de visite dans lequel la couleur des balustrades, des peintures et du sable rejaillit à merveille. La visite nous rappelle alors que l’Espagne est attaché à ses traditions malgré les contestations et qu’elles permettent aussi d’y admirer quelques jolis bâtiments. A quelques centaines de mettre de là git la Torre del Oro, dont la visite offre une splendide vue sur le Guadalquivir, ses rives et notamment l’Ouest de la ville, plus vivant, et sur les hauteurs de la Cathédrale qui nous avait accueilli le premier jour. La visite boucle ainsi la boucle d’une superbe ville aux charmes multiples dont il sera surement question de revenir à la belle saison ou au moment des férias, histoires de voir vivre une ville endormie dans ses rues étroites et charmantes, avant que la chaleur de l’été ne viennent accabler les locaux. Séville est à coup sûr une remarquable destination en Espagne et figure à mes yeux devant la capitale catalane au classement des villes que j’aimerais revoir.

5 réflexions sur “SÉVILLE : LA BELLE ANDALOUSE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s